Suivi des baleines à bosse

Le suivi annuel des baleines à bosse, mis en place depuis la création de l’association en 1994 a permis d’étudier la population de Nouvelle Calédonie afin d’établir son statut et d’œuvrer à sa conservation. Une équipe de scientifiques et de bénévoles se retrouve ainsi chaque hiver austral dans la baie du Prony et dans les autres lagons afin de collecter des données qui seront utilisée pour estimer l’abondance et l’évolution des effectifs, l’utilisation de l’habitat, la structure des populations, le comportement reproducteur, les migrations et les déplacements régionaux.

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Une équipe est basée au Cap’N’Dua pour collecter des données sur les baleines et sur les bateaux ainsi que pour guider l’équipe en mer.
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Localisation des suivis effectués sur les baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie entre 1994 et 2016

La plupart des campagnes de terrain ont réalisées dans le lagon sud de la Nouvelle-Calédonie mais certaines missions ont permis d’échantillonner les autres lagons de la Grande Terre et les îles Loyautés. Plus récemment nous avons commencé à nous intéresser à des zones reculées peu étudiées jusqu’à présent : les monts sous-marins et les plateaux de Chesterfield et Bellona dans l’ouest de la mer de Corail dans le cadre du projet WHERE.

Plusieurs outils sont appliquées sur le terrain afin d’assurer le suivi de la population.

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  • La photo-identification

Le dessin présent sous leur nageoire caudale, véritable empreinte de l’animal, permet de reconnaître individuellement chaque baleine. A la fin de l’année 2016, 1281 individus avaient été identifiés et répertoriés dans un catalogue grâce à leur « empreinte caudale », comparable à une empreinte digitale. Cet outil permet de suivre l’histoire d’un individu tout le long de sa vie : dans quelle zone a-t-il été observé, à quelle régularité, avec quel autre animal, quelle est la fréquence de mise bas dans le cas des femelles ?

  • La génétique

Un permis délivré par les autorités provinciales nous permet d’approcher les baleines afin de prendre des photographies et de prélever échantillons de peau au moyen d’une arbalète ou d’un fusil hypodermique vétérinaire. L’analyse ADN des tissus prélevés par biopsie permet d’obtenir l’identité génétique de l’animal, de connaître le sexe de l’individu, grâce à l’étude des chromosomes sexuels. Les relations avec les autres populations d’Océanie sont également étudiées. Au total l’identité génétique de 1021 individus est connue en Nouvelle-Calédonie.

  • La télémétrie satellitaire

Des balises Argos ont été posées sur les baleines dans des projets passés et actuels afin de connaître l’usage des zones de reproduction et d’identifier les routes de migration. Entre 2007 et 2016 une cinquantaine de balises Argos ont été implantées sur les flancs des baleines près de la nageoire dorsale à l’aide d’une perche ou d’un système à air comprimé. Cette technique est largement utilisée dans l’étude des mammifères marins afin d’obtenir des informations sur l’usage de l’habitat dans la zone de reproduction. Les balises ainsi posées restent en place de quelques jours à quelques mois.

  • L’acoustique

Un hydrophone nous permet d’écouter les émissions acoustiques des cétacés. Pendant la saison de reproduction les baleines mâles adultes chantent dans les lagons. L’hydrophone permet de détecter ces chants dans un rayon d’environ 20 km. Lorsque le chant entendu est très bon, l’équipe cherche à localiser la position du mâle afin de le photographier et de le biopsier pour l’identifier. Son chant est ensuite enregistré durant environ 45 minutes. Ces données sont utilisées par nos différents partenaires afin de comprendre la transmission du chant des baleines en Océanie.

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