Projet natalité des baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie

Dynamique de population liée au comportement de reproduction des baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) de Nouvelle-Calédonie

Guillaume Chéro (Stagiaire Master 2 Ecologie, Biodiversité & Evolution – Université Pierre et Marie Curie), Roger Pradel (CEFE, CNRS Montpellier), Olivier Gimenez (CEFE, CNRS Montpellier), Claire Bonneville, Solène Derville, Claire Garrigue (Opération Cétacés)

La population de baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie appartient à la population d’Océanie qui a été classée comme en danger par l’UICN en 2008. Les récentes études effectuées sur la population calédonienne ont pu mettre en évidence une évolution positive de la population. En effet, les estimations montrent une augmentation de l’abondance (Garrigue et al. 2012) et le taux de croissance réalisé donne une valeur étonnamment élevée de 13.8% par an (Orgeret et al. 2014). Ce taux de croissance étant nettement supérieur à la valeur maximum du taux de croissance biologique estimé à 11.8% (Zerbini et al. 2010), il est intéressant de comprendre les paramètres qui peuvent l’influencer, et en particulier les paramètres reproducteurs. Cette étude s’attache à comprendre le comportement de reproduction des baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie afin d’évaluer la manière dont il influence la dynamique de cette population. Seront en particulier estimés: le taux de survie et le taux de reproduction (intervalle entre les naissances), à partir des données collectées en Nouvelle Calédonie depuis 1995.

Les premiers résultats de cette étude suggèrent que la natalité a augmenté ces dernières années dans la sous-population de baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie. L’intervalle de temps entre deux naissances se serait donc raccourci, amenant les mères a voir un baleineau tous les 1,12 années en moyenne en 2014, contre 2,84 années en 1996. Cette forte natalité pourrait s’expliquer par le rétablissement progressif de la population de baleines à bosse d’Océanie.

Dans la suite de ce projet, nous utiliserons des méthodes d’analyse moléculaire pour savoir a posteriori si les femelles que nous croisons dans les eaux calédoniennes étaient enceintes au moment de leur biopsie. Ces « tests de grossesse » pour baleines se font à l’aide du petit bout de gras que nous prélevons à l’aide d’une arbalète. Ces analyses seront conduites par nos collaborateurs de l’University of California à Santa Cruz: Logan Pallin et son directeur de thèse Ari Friedlaender.

2011-08-12-048

Littérature citée:

Orgeret, F., Garrigue, C., Gimenez, O., & Pradel, R. (2014). Robust assessment of population trends in marine mammals applied to New Caledonian humpback whales. Marine Ecology Progress Series, 515, 265-273.

Zerbini, A. N., Clapham, P. J., & Wade, P. R. (2010). Assessing plausible rates of population growth in humpback whales from life-history data. Marine Biology, 157(6), 1225-1236.

Olavarría C., Baker C.S., Garrigue C., Poole M., Hauser N., Caballero S., Flórez-González L., Brasseur M., Bannister J., Capella J., Clapham P., Dodemont R., Donoghue M., Jenner C., Jenner M.N., Moro D., Oremus M., Paton D. & Russell K. 2007. Population structure of the South Pacific humpback whales and the origin of the eastern Polynesian breeding grounds. Marine Progress Series, 330: 257-268.

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