L’étude de l’ADN des baleines à bosse de l’hémisphère sud révèle que la fidélité aux zones de mise bas entraîne la différenciation des populations

Les scientifiques ont utilisé l’ADN mitochondrial des baleines à bosse dans l’hémisphère sud (entre autres en Nouvelle-Calédonie) et la mer d’Arabie afin de mieux comprendre comment les populations se forment.

(article traduit de l’anglais, à consulter en version originale ici)

10-07-22-203

Les scientifiques qui ont mené la première évaluation circum-globale de la variation de l’ADN mitochondrial chez les baleines à bosse de l’hémisphère sud (Megaptera novaeangliae) ont constaté que les baleines qui retournaient fidèlement année après année sur leur zone de reproduction jouent un rôle majeur dans la formation des populations. Les résultats de cette recherche s’appuient sur des études régionales antérieures sur la diversité génétique et aideront les scientifiques à mieux comprendre l’évolution temporelle des populations de baleines à bosse et comment mieux conseiller les autorités de gestion internationales.

L’article intitulé «Première évaluation circumpolaire de la variation génétique mitochondriale de la baleine à bosse de l’hémisphère sud à plusieurs échelles et implications pour la gestion» se trouve maintenant en ligne sur le site du journal Endangered Research Species.

«L’exploration des relations des baleines à bosse autour de l’hémisphère Sud a représenté un important projet nécessitant des années de travail et une collaboration de la part d’experts de plus d’une douzaine de pays», a déclaré le Dr Howard Rosenbaum, directeur du programme Ocean Giants de WCS (Wildlife Conservation Society) et auteur principal de l’étude. « Nos résultats nous donnent une idée de la persistance de la fidélité aux zones de reproduction et d’alimentation pendant de nombreuses générations, ce qui entraîne des différences entre les populations de baleines et explique pourquoi certaines populations sont plus génétiquement différenciées des autres. Grâce à cette étude, nous sommes en meilleure position pour renseigner les actions et les politiques qui aideront à protéger les baleines à bosse de l’hémisphère sud et de la mer d’Arabie à travers leur zone de répartition.

Dans la plus grande étude de ce genre menée à ce jour, les chercheurs ont utilisé l’ADN mitochondrial obtenu à partir de plus de 3000 échantillons de peau de baleines à bosse collectés à travers l’hémisphère sud et la mer d’Arabie pour examiner comment les populations de baleines sont liées les unes aux autres, une question à laquelle il est bien difficile de répondre sur la seule base des observations de baleines faites en mer. Dans l’ensemble, les données de l’étude provenant de l’ADN mitochondrial, qui diffèrent de l’ADN nucléaire, aident les scientifiques à tracer les lignées maternelles et révèlent que la structure des populations de baleines à bosse est en grande partie transmise par les femelles qui retournent chaque année dans les mêmes zones de reproduction, ainsi que par l’expérience des baleineaux qui accompagnent leurs mères lors de leur première migration aller-retour vers les lieux d’alimentation. La persistance de ces routes migratoires au fil des générations est connue sous le nom de «fidélité maternelle ».

L’échange génétique occasionnel entre les populations semblait également se dérouler sur les zones d’alimentation présentant des densités élevées de krill, ces zones où les baleines de différentes populations peuvent se déplacer sur de vastes distances et entrer en contact avec d’autres populations. L’étude a également identifié des populations spécifiques – celles qui habitent l’est du Pacifique Sud au large de la Colombie et une population non migrante de la mer d’Arabie – comme plus génétiquement distinctes et isolées des populations voisines et qui nécessitent des mesures de gestion et de conservation supplémentaires.

«Notre compréhension accrue de la façon dont les populations de baleines sont structurées peut aider les gouvernements et les organisations intergouvernementales comme la Commission baleinière internationale à améliorer les décisions de gestion à l’avenir», a déclaré le Dr C. Scott Baker, de l’Institut des mammifères marins de l’Université de l’Oregon et membre du Consortium de recherche des baleines du Pacifique Sud qui a contribué à l’étude.

La baleine à bosse atteint une taille de 14m et, en tant qu’espèce largement côtière, est bien connue auprès des opérateurs touristiques de whale watching. Par le passé les baleines à bosse ont été la cible d’une chasse baleinière commerciale, dont plus de 45 000 baleines à bosse prises illégalement par l’Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale, qui a conduit l’espèce au bord de l’extinction. Elle bénéficie d’une protection internationale depuis 1966. Les menaces actuelles qui pèsent sur les baleines à bosse sont les collisions avec les navires, la pollution acoustique et l’enchevêtrement dans les engins de pêche.

Ces menaces sont particulièrement importantes pour les baleines à bosse de la mer d’Arabie, une population génétiquement isolée comptant moins de 100 animaux et figurant actuellement sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN comme «en voie de disparition».

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